mercredi 13 avril 2016

HISTOIRE de FILLE - Histoire de Fillé-sur-SARTHE - 2 - Guécélard et Fillée reliés par un bac, liés par un pont pont.









page 301 recto, avec enluminure abbaye du Mont Saint Michel - Document de la Bibliothèque Nationale de France à Paris.


                                            FILLE 

                                               -:-

Fillé,

Un Passage d’eau….pluri millénaires

un Bac….un Pont….!


Si l’on examine une vue aérienne du bourg de Fillé, on constate que l’habitat ancien se pelotonne autour de l’édifice religieux : l’église.



On remarque également, que ledit habitat se déploie en éventail autour d’un point. Ce point devenu fixe au cours du temps ; c’est tout simplement le lieu d’atterrissage sur la rive droite  des bacs effectuant la traversée.
De la à écrire, ou plus simplement à dire, que Fillé est né de la rivière Sarthe, par la Sarthe, c’est un pas que nous ne franchirons pas.



























La rivière Sarthe entre Fillé et Guécélard. Au 1er plan la rive Guécélardaise, sur la droite vers le haut de la photo, la rive Filléenne - Document collection privée.

Longtemps, la rivière constitua un obstacle naturel à l’homme.
Sur la rive droite , il a toujours été tenté de découvrir, de constater avec curiosité et précision, ce qu’il y avait, ce qui ce passait sur la rive gauche. Il est évident que pour franchir cet obstacle, faute de ponts, il fallut trouver autre chose : ce quelque chose, fut le bac.

























Sur de nombreuses cartes, vers le XVIème siècle le bac de Fillé, était précisé - Document collection privée.



Nous pensons que la diffusion de quelques informations glanées lors de nos recherches sur le passé de Guécélard, s’imposent.


Il est évident qu’une étude de la toponymie de l’ancien territoire paroissial de Fillé, réserverait très certainement de véritables surprises.

Il ne faut pas oublier qu’à l’époque mérovingienne, beaucoup d’esclaves, désignés dans les très rares actes et textes de cette époque, en bas-latin,  sous l‘appellation de :  mancipiis,  furent affranchis par l’église, signifiant par leur affranchissement un acte de piété.

En 572, les terres situées sur les rives de la Sarthe en aval d’Arnage, données au  monastère Saint-Vincent du Mans, par l’évêque du Maine, Domnole, furent cédées avec les esclaves qui les cultivaient

« ….cum mancipiis qui ibidem excolere vident….. ».


Ce fut à partir de l’époque franque que le « village » se constitua véritablement, remplaçant la villa gallo-romaine anéantie, incendiée, détruite depuis le IIIème / Vème siècle. L’urbanisation, a malheureusement fait disparaître les trous des poteaux porteurs des murs et de la toiture des habitations de 3 à 4 mètres de long, sur 2 à 3 mètres de large, enfoncés dans le sol sur 0,5 comme au  lieu-dit : les Perrières à Allonnes. Ces poteaux supportaient un toit en chaume, en roseaux ou en joncs, les parois dressées verticalement sur les quatre côtés, un torchis fait d’argile, de sable et d’herbes séchées plaqué et lissé à la main sur des tresses de branches flexibles.

Un repère infaillible, véritable jalon de l’époque de l’existe d’un «  village », c’est-à-dire d’un groupement d’un habitat résidentielle permanent : la présence d’une nécropole - d’un cimetière renfermant des sarcophages.


L’évêque Bertrand affranchit par son testament de 616, les esclaves de nationalité tant romaine ( par hérédité), que barbare qu’il avait à son service.

Après les invasions franques, la majorité des noms des personnes devinrent à consonances germaniques, ce qui ne veut absolument pas dire, que les Francs se soient substitués partout aux Gallo-Romains. L’étude de la toponymie des lieux de Fillé formés de noms d’hommes de basse latinité, ou germaniques serait tout particulièrement instructive, pour définit avec une certaine exactitude les origine de Fillé, et une datation assez précise de sa fondation.

Les Actus Pontificum, les Gesta Aldrici, les testaments de saint Bertrand ( 616 ) ; de saint Hadouin ( 643 ) ; l’évêque Béraire ( 710 ) ; de saint Aldric ( 843 ) ; le diplôme de l’empereur Louis 1er dit le Pieux, font connaître 182 localités déclarées «  paroissiales », ou qui devaient le devenir. 86 d’entre elles avaient des églises, cimetières, revenus, et vraisemblablement un presbytère.

Les documents, et les sources que nous venons de citer n’ont certainement pas la prétention d’énumérer tous les groupements d’habitats devenus paroisses, mais, un vœu beaucoup plus modeste, celui d’évoquer quelques pistes, pouvant définir vers quelle époque la chapelle édifiiée vers le Ixème / Xème  siècle sur les bords de la rivière Sarthe, en point précis de franchissement aa été érigée en église.

Il serait,, peut-être même intéresser, d’affiner les investigations, pour savoir, avec précision si ladite chapelle, n’a pas succédé à un oratoire.


BAC de BELER,


Le passage d’eau de Buff  / Buffe,
Un lieu de franchissement de la grande rivière
:  Sarthe,
point de liaison entre le bourg de Fillé, et Guécélard.



















Plan dénommé de Fillé-Guécélard dit «  napoléonien » estimé à 1810 /1820 - Document collection privée.




























Aperçu de la distance à traverser dans les deux sens, quelques soit les conditions atmosphériques, et de navigation sur la Sarthe, entre les deux rives Fillé / Guécélard - Documents collection privée.



La rivière un obstacle très ancien pour l’homme,


























Pont gaulois, décrit par César dans Commentarii Bello Gallico : Commentaires sur la Guerre des 
Gaules  - Document de la Bibliothèque Nationale de France à Paris.                                                       


Le plus ancien pont connu dans notre région, est sans aucun doute le Pont Perrin sur la rivière Sarthe dans la cité Mancelle. On le trouve cité en 994 dans le Cartulaire du Prieuré Saint-Victeur, dépendant de la très puissante Abbaye du Mont-Saint-Michel. Non loin sur la même rivière le pont Ysoard, est désigné dans un acte en 1067, aux Archives départementales 72.

Entre 1125 et 1450, les ponts étaient pratiquement une exclusivité urbaine.

Dans une liasse de documents authentifiés, il est question en 1078 du «  pont de La Suze……..pons Secuse », il s’agit le croquis joint le donne à penser du pont du Château de La Suze : d’un pont seigneuriale. En 1380, lors de la fameuse chevauchée de la cavalerie anglaise en garnison à Pontvallain, fuyant à l’annonce de l’arrivée de Du Guesclin, et cherchant à rejoindre le gros de l’armée anglaise dans la région de Fresnay-le-Vicomte ( sur-Sarthe ). Chevauchée abondamment décrite par Froissard, Chroniqueur royal.

Jusqu’au XVème siècle , il n’était possible de franchir la rivière Sarthe qu’au Mans, à Noyen, et à Sablé. Le pont de Sablé, tout comme celui de Noyen étaient en bois, étroits, et ne permettaient le passage que d’un véhicule hippomobile dans un sens à la fois.

En 1453, seuls les piles étaient quelquefois en maçonnerie, le tablier était constitué de madriers, supportant des planches, sans rambardes. Dans le Maine, et plus spécialement notre département les ponts furent seigneuriaux, ou féodaux à péages. Ainsi, au Vieux -Bourg de Guécélard, c’est-à-dire au « hameau  du Gué de Coelhard », à défaut de pont, le seigneur de Château du Loir, par l’intermédiaire de son vassal de Mondan, encaissé un  « droit de passage », dénommé «  Billette ».


























Texte imprimé, du Cartulaire de Château-du-Loir  comprenant 41 chartes de 1145 à 1397,  paléographié et édité par Eugène Vallée en 1905 - Document collection privée.

Débarcadère du bac sur la rive droite de la Sarthe, dans le centre du village de Fillé-sur-Sarthe - Document collection privée.

Autre vue du débarcadère du bac de Beler à Fillé-sur-Sarthe, et de la passerelle enjambant celui-ci - Document collection privée.


Un passage d’eau nommé dans les actes…… « Beler / Belair / Bel-Air ».



Contrairement au « gué » qui est un point fixe et permanent du paysage, le lieu de franchissement incontournable d’un cours d’eau par des gens circulant à pied, à cheval ou en voiture, la traversée doit se faire «  à pieds secs » . Le gué a été depuis les temps les plus reculés un endroit où non seulement les animaux sauvages s’abreuvaient aisément, et que les troupeaux en migration passaient. C’est également parmi l’abondante végétation subaquatique que les chasseurs du Paléolithique et leurs successeurs s’embusquaient pour valoriser leurs talents et leur adresse pour surprendre le gibier.

Le «  passage d’eau », par contre était un lieu où il n’était possible à une personne à pied de traverser. L’endroit était réservé aux cavaliers, hors périodes d’eaux dites « fortes » du cours d’eau en question. Le passage d’eau est un endroit où le tirant d’eau en périodes normales varie entre 1 et 1,2 m., c’est à-dire que le niveau de l’eau ne doit aucun cas dépasser la hauteur du poitrail d’un cheval monté ou non. Quant aux véhicules, le plateau doit être toujours impérativement « hors d’eau »

Le «  Passage d’eau de Bel-Air / Fillé » est situé sur un « haut fond » de la rivière Sarthe, précisé sur les hydrogéologiques de l’I.N.G., et sur certaines cartes de navigation fluviale. Ce haut fond tout comme ceux s’échelonnant entre Spay et Noyen-sur-Sarthe,  ont été mis en évidence par le flot puissant de la Sarthe du périglaciaire final. Ces eaux devenues beaucoup moins impétueuses, après de multiples reptations horizontales, décrivant de vastes méandres en cherchant désespérément une pente découlement vers le sud-Ouest, dans les sables du Cénomanien. 

C’est après avoir décapé, rongé, enlevé successivement  les couches du Tertiaire, du Crétacé , du Jurassique, du Trias, qu’elles mirent en relief les proéminences de la base Hercynienne - ultimes prolongement orientaux du Massif Armoricain. Ce haut fond se situe approximativement vers les deux tiers de la largeur côté Fillé, pratiquement  perpendiculaire à la rive. Lorsque le niveau des eaux de la Sarthe se situe à la  1,20, le haut fond est à 0,90/0,80 ( offrant une surface mamelonnée ), entre cette proéminence et la rive on retombe à environ 2 mètres. C’est la passe connue des mariniers, mais réservée à un type d’embarcations très limités.

Bas d’un acte du Cartulaire de Saint-Victeur, manuscrit en bas latin, sur parchemin authentifié, signé 
par Hugue III, comte du Maine, peu après son accession au trône comtal du Mans. L’acte est également contresigné par Sigefroy de Bellême, évêque du Mans, par l’Abbé du Mont-Saint-Michel, Aimont de Château-du-Loir, beau-frère de Sigefroy, et de nombreux grands seigneurs du Maine, dont ceux de La Suze et Mondan. Cet acte selon la B.N.F.de Paris est daté de 950/995.

Page de garde du volumineux Cartulaire de Marmoutier - Documents personnels


Digues et droit d’eau à Fillé,


Un acte du Cartulaire de Saint-Victeur, confirmé par un acte du Cartulaire de Marmoutier, l’un est l’autre maunscrit en bas latin de 1207, accorde le droit d’eau sur la rivière Sarthe au vicomte du Maine, Raoul *, à égalité et en commun avec le Prieuré Saint-Victeur, et l’Abbaye du Pré.

En 1218, dans une Charte manuscrite, en bas latin sur parchemin original, les moines de l’Abbaye de Champagne relatent les conditions de vente, faite par eux au Prieuré de Saint-Victeur d’un moulin sur la Sarthe ( en aval des Bouches de l’Huisne selon le traducteur )  qu’ils tenaient de la libéralité de Raoul de Beaumont, vicomte du Maine *. 

La partie en mauvais état du barrage de Fillé, comprise entre la porte marinière et la rive gauche de la Sarthe, territoire de la section  de Guécélard,  a été consolidé en 1871. En 1872, les fondations du pertuis à établir en remplacement de la viennent d’être faites, en septembre 1872. Le pertuis sera terminé prochainement, et on pourra, pendant les écourues, boucher la porte qui tombe presqu’en ruine. On ne pourra finir complètement le barrage qu’en 1873. Coût total 20.000 fr.


Document collection privée.


Le pont de La Suze, gêne en septembre 1872, beaucoup la batellerie, il est privé de chemin de hallage et l’arche la plus élevée, celle du milieu ne présente pas la hauteur sous clef suffisante. Monsieur M.C. Tassin, Préfet de la Sarthe, déclare le 28 septembre 1872, qu’il est urgent d’améliorer ce passage. 

Les mariniers réclament avec insistance l’exécution de travaux de dragages, indispensables pour améliorer le chenal navigable de la Sarthe entre Le Mans et Noyen. Un projet dressé à cet effet, et devant procurer partout un tirant d’eau de 1 mètre 50, a été soumis, le 8 juillet dernier, à Monsieur le Ministre des Travaux Publics. La dépense s’élève à 30.000 fr. 

* Raoul VIII de Beaumont au Maine, a succédé à son père en 1197 ; mort vers 1238.
La famille des de Beaumont, devenue plus tard Beaumont-Brienne a dominé le Maine ( Mayenne-Sarthe ) du Xème siècle au XIVème siècle.
Dans un acte de l’Abbaye de la Charnie, il porte ce titre comme témoin dans un échange entre Étival-en-Charnie et Robert de Chemillé.
Marié à Agnés de La Flèche vers 1212.

Il est le constructeur d’une ligne de défense englobant les châteaux-forts de Fresnay, Bourg-le-Roi, Beaumont, Sillé, Courtalieru, Évron, Sainte-Suzanne et Thorigné-en-Charnie. Il a été le fidèle allié du comte d’Anjou, il s’attacha à lui lorsqu’il devint comte du Maine, et à ses descebdants Plantagenêts, jusqu’à Jean sans Terre. La fine diplomatie de Philippe Auguste, roi de France, le rattache à  la couronne de France qu’il servit avec loyauté.


* En 1218, Raoul VIII, apparaît toujours comme vicomte du Maine. Son fils Richard II épousa Mahaut d’Amboise, fille de Sulpice IV d’Amboise et de d’Isabelle de Blois.

Sur cette très vieille carte postale, on distingue le chemin de hallage, et la passerelle du débarcadère de l’ancien bac. Ce chemin de hallage est devenu un «  chemin de promenade » - Document collection privée.


Entre Le Mans et Sablé……les ponts étaient encore rares en 1840, et  dans tout le département également !

Beaucoup de ponts furent construits dès le IXème siècle. Le plus ancien semble être le «  Pont Perrin cité dans un acte en 994 », dans le voisinage le « Pont Ysoard » existait déjà avant 1067. On parle du pont de La Suze dès 1078 «  pons Secuse ». Les ponts sur la Sarthe étant rares, il existait depuis des temps immémoriaux d’autres moyens pour franchir la grande rivière : le bac. C’était souvent sous un contrôle seigneurial, le seigneur en question percevait un droit de péage dénommé : droit de pontage ou de potenage.

Le cheval chargé  payait le même tarif qu’un cheval non chargé, le droit pour les  véhicules hippomobiles, type chariot deux essieux tirés par des bovins, ledit tarif englobait non seulement le chariot et les bœufs, mais également les marchandises et les personnes chargées et transportées. Il en était ainsi du «  bac de Fillé ». Les habitants de Buffe, paroisse de Guécélard,  payaient une sorte d’abonnement par redevances permanentes.

L’examen de  nombreux documents aux A.D. 72, semblent préciser, que lorsque le droit était acquitté pour le passage, il n’était pas réclamé lors du retour, si celui-ci était effectué le même jour. Le seigneur ne pouvait percevoir d’autre droit, même lors du débordement de la rivière.

Si, il est difficile de définir la date précise de l’existence du bac de Fillé, il est néanmoins possible d’écrire qu’il est très ancien : toujours, selon la même source, en 1489, suite à une plante du seigneur de La Suze, le lieutenant général du Mans, suite à une enquête, avait signalé la «  présence d’une vieille, et d’un bateau de service, charrière à côté de l’église, le droit exclusif appartenant au seigneur de La Suze…… ». Pour se faire une idée, le droit de port et de pontage était affermé à 76 livres en 1717.

Le Préfet de la Sarthe, Monsieur Ménard le 26 août 1839, dans son rapport  au Conseil Général de la Sarthe réuni à l’Hôtel de la Préfecture sous la présidence de Monsieur de Talhouet, informe cette Assemblée que la construction du Pont suspendu de Noyen est retardé, que l’ État octroie 20.000 fr., que la Municipalité de Noyen ayant des ressources insuffisantes, une collecte auprès des habitants a rapporté 10.000 fr. Dans le même rapport, à la même session le Préfet annonce que le pont  de Parcé a été achevé, qu’il a subi les épreuves indispensables, et livré à l’utilisation du public suite au marché passéé le 27 février 1839 - B.N.F. liasses de 110 documents archives. - p.27.

Le 4 septembre 1839, finition des travaux pour la construction du pont du Gué Lian sur la Sarthe, financé par le département en coopération avec les communes de Moitron et de Saint-Germain-sur-Sarthe. La suppression du Pont à péage de Coëmont, permettant à la route royale n°158 de Tours à Caen de franchir le Loir. La société qui a baillé les fonds pour la construction de cet ouvrage ne sera intégralement remboursée que le 7 juillet 1847. Le bail actuel affermé par l’État expire le 31 décembre 1844 - B.N.F. liasses de 208 documents archives - p.101-82. Reconstruction et élargissement du pont en bois, par un pont en pierre à Sablé, pour faciliter le passage de la route royale n°159, Tours - Rennes, par Laval ; le 24 août 1840 - B.N.F. liasses de 146 documents archives - p.14.

Reconstruction du pont en bois d’Yvré-L’Évêque, par un pont en pierre le 24 août 1841, pour le passage de la route royale n°23 - coût total 20,000 fr. - B.N.F. liasses de 132 documents archives - p.15.
Constructions et réparation des ponceaux de Noyen, de Verdelle et de l’Arche pour un coût de 8,000 fr. - B.N.F. liasses de 132 documents archives - p.19.



























 Pont médieval en bois - Document P. & CH. - Document de la Bibliothèquue Nationale de France à Paris.


Jusqu’au XIIème siècle, seules les piles étaient en pierre-maçonnée, en général le tablier était formé de madriers, couverts de planches.

Le Conseil Général de la Sarthe, vote le 31 août 1841, le budget indispensable pour la réfection du pont de Connerré en ruine, pour faciliter le passage de la route royale n°23 - B.N.F. liasses de 132 documents archives - p.80.Déblocage du financement pour le début de la construction  du pont du Greffier au Mans - B.N.F. liasses de 132 documents archives - p.61-87. Le 6 septembre 1847, le Conseil Général de la Sarthe alloue sur la subvention de 40.000 fr. accordée par l’État, une somme de 24.000 fr. pour le terrassement et le commencement des travaux du pont du Greffier - B.N.F. liasses de 252 documents archives - p.128-152.

Le Conseil d’Arrondissement, demande l’établissement d’un pont suspendu à Port Gauthier, en remplacement du bac existant.  Une suite logique le projet de 1835 - B.N.F. liasses de 132 documents archives - p.89-155.

Les travaux du pont de Beaumont-sur-Sarthe ont été adjugés le 2 mars 1844, la pose du tablier est prévue pour octobre, au plus tard novembre 1844 - B.N.F. liasses de 208 documents archives - p.42. Le Conseil Municipal de Saint-Paul-le-Vicomte ( le-Gaultier ), appuyé par le Conseil d’Arrondissement demande au Conseil Général de la Sarthe le 9 septembre 1847, la construction d’un pont - B.N.F. liasses de 252 documents archives - p.193-159.

Le 9 septembre 1847, le Conseil Municipal de Malicorne, et celui de Noyen, appuyés par le Conseil d’ Arrondissement de La Flèche, demande le classement de moyenne communication reliant les deux bourgs, et la construction d’un pont suspendu, permettant une meilleure liaison entre les deux localités - B.N.F. liasses de 252 documents archives - p.194-171.


Pont de La Chartre a été livré le 31 juillet 1852.

- p.19-8. Le 1er septembre 1855, le Conseil Général de la Sarthe décide la reconstruction et la mise en deux voies du pont de Juillé - B.N.F. liasses de 314 documents archives - p.43-28.

Le Conseil Général de la Sarthe, dans sa séance du 26 août 1857, décide de reconstruire le pont en bois de La Ferté Bernard,  par un pont en pierre, beaucoup plus large. La construction d‘un pont sur la Sarthe à Saint-Aubin-de-Locquenay est voté . La décision de la reconstruction complète du pont de La Suze, avec la rectification de deux arches de droite lesquelles seront réunies en une seule et 19 août 1894, études préliminaires pour le construction d’un pont sur la Sarthe à Roëze, sont décidées par le Conseil Général de la Sarthe.

Le 31 août 1861, le Conseil Général de la Sarthe, sous la présidence de Monsieur Le Prince Marc de Bauveau, et en en présence de Monsieur d’Andigné, décide de construire un pont sur la Sarthe à Neuville.

Décision de construire un pont sur l’Huisne au Gué de Maulny le 27 août 1864 - B.N.F. - 411 pièces archives - p.86. 

Proposition du rachat du pont à péage sur la Sarthe de Vivoin le 24 août 1868, par le Conseil Général de la Sarthe - B.N.F. - 554 pièces archives - p.106.

Le 25 août 1869, le Conseil d’Arrondissement de La Flèche, demande au Conseil Général de la Sarthe la construction d’un pont sur la Sarthe à Fercé, pour remplacer le bac vétuste devenu trop dangereux - B.N.F. - 679 pièces archives - p.37.

La consolidation du barrage de Fillé  a coûté 34.000 fr. en 14 octobre 1871.

Monsieur d’Andigné, Préfet de la Sarthe dans son rapport au Conseil Général de la Sarthe, page 114, expose aux Membres réunis en leur salle des sessions ordinaires à l’Hotel de la Préfecture le lundi 25 août 1862, sous la présidence de Monsieur le Prince Marc de Beauveau, le remplacement des porte des écluses des Planches et celles de Spay, qui étaient  « en ruines », le remplacement du grand bac de Fercé, par un neuf, par décision ministérielle en date du 4 novembre  1861, et la construction d’un port à Noyen. Il espère que la concurrence salutaire entre les transports par eau, par terre et par voies ferrées, mettra un  terme à la hausse exagérée des matières premières et des produits manufacturés - B.N.F. - 344 pièces archives - p.114. 



Le bac chargé de sacs de farine arrive à l’embarcadère. Au 1er plan, à droite on aperçoit le bac appelé « passe-cheval », destiné aux véhicules ou aux animaux - Document collection privée.


Dans sa séance du 29 août 1862, le Conseil général de la Sarthe vote à l’unanimité le rachat du péage, du pont suspendu de Noyen - B.N.F. - 344 pièces archives - p.88. 

Destruction du barrage sur la Sarthe à  Roëze le 24 août 1863.

Le 31 août 1866, les Conseils Municipaux de Beaumont-sur-Sarthe, Vivoin , Dangeul, Chérancé, Mieurcé demande au Conseil Général de la Sarthe de racheter le pont à péage permettant aux chemins de grande communication n°14 et 15 de franchir la Sarthe, et d’avoir un débouché vers la gare et la ville de Beaumont. Les habitants des cantons de Mamers, de Marolles et une partie de ceux de celui de Beaumont sont concernés - B.N.F. - 448 pièces archives - p.75. 


Le chanvre intéressait au plus haut degré nos paysans guécélardais, il a représenté jusqu’à 30% de notre surface agricole, et il occupait environ 25% de notre population. Deux opération sont indispensables avant de livrer les bottes de chanvre, pour la fabrication du textile : le rouissage et le broyage ou teillage. Chaque année de nombreuses plaintes contre les producteurs de chanvre, qui rouissaient leur chanvre dans la Sarthe, cela souillait et polluait l’eau, outre l’odeur, les poissons mouraient. En 1868,  de nombreux cultivateurs faisaient rouir leur chanvre dans des fosses, et récupéraient les dépôts après avoir utilisaient l’eau en arrosage sur les tas de fumier Les boues récupéraient servaient d’engrais , pouvant être évaluait à 3 fr. le journal - B.N.F. - 553 pièces archives - p.159. 

Monsieur A. Dumonteil, préfet de la Sarthe lors de la session extraordinaire du lundi 4 janvier 1883, annonce au Conseil Général de la Sarthe, dans son rapport daté du 30 décembre 1882, page 219, la réception définitive du pont de Spay.

À la séance ordinaire du Conseil Général de la Sarthe le 19 août 1889, Monsieur le marquis de Juigné, maire de Juigné, Conseiller Général du canton de Sablé-sur-Sarthe, attire l’attention de Monsieur Ch. Lutaud, le Préfet de la Sarthe, du  Monsieur Le Monnier, député-maire et Conseille Général de Château-du-Loir, Président du Conseil Général de la Sarthe et de ses Collègues présent :

« …..malgré l’attribution d’une somme de 50.000 à100.000 fr. par pour les réparations du pont 
«   suspendu de Parcé celui-ci menace ruine. Il y a urgence de construire un nouveau pont…. ».

Un arrêté préfectoral pour limiter le passage de charges utiles à 2.000 kg.. Un projet de construction de ponts à Champagné, à Fercé, Teillé, et à Solesmes est décidé.

Le Conseil d’Arrondissement de La Flèche, décide le 22 août 1889, de remplacer le bac de Fercé par un pont. Ce pont construit en 1892, a coûté : 19.997, 76 fr. La mise en service de ce pont entraîne pour 7.192 fr. la réfection du chemin d’intérêt commun N°61, de Chanteany à La Suze.

Le 6 décembre 1892, dans son rapport l’ Ingénieur en Chef du Service de la navigation aux Ponts et Chaussées de la Sarthe, précise que le bail de l’exploitation du bac dit de « Fillé » affermé pour trois années à Monsieur Hatton, fermier-passeur, prend fin le 31 décembre 1892, et qu’il y a lieu de procéder à son renouvellement. Il suggère au Conseil général de la Sarthe à la séance ordinaire du lundi 22 août 1892, présidé par Monsieur Le Monnier, doyen d‘âge, sénateur - maire de Château-du-Loir, en présence de Monsieur Ch. Lutaud, préfet de la Sarthe

En 1892, 4 bacs subsistaient sur la rivière Sarthe,

- le bac de Fillé affermé en 1891............. pour 110 fr.
- le bac de Fercé……….’’………’’…… pour 125 fr.
- le bac de Solesmes..’’……..’’……....... pour  355, 83 fr.

- le bac de Pincé……….’’……..’’……..pour    30 fr.

Le Conseil Général de la Sarthe réuni dans la salle de ses séances ordinaires à l’Hotel de la Préfecture, sous la présidence de Monsieur le Prince Marc de Bauveau  , en présence de Monsieur le Vicomte de Malher a alloué une somme de 445 fr. 50 c. pour la destruction d’animaux nuisibles pendant la saison 1866/1867, à savoir : 120 fr. pour 12 loups tués ; 325 ft. 50 c. pour 1302 vipères détruites. C’est dans les communes de Vibraye, Valennes, Vaas, Vacé et Courdemanche qu’il y a eu le plus de vipères détruites.


Le 6 décembre 1892, dans son rapport l’ Ingénieur en Chef du Service de la navigation aux Ponts et Chaussées de la Sarthe, précise que le bail de l’exploitation du bac dit de « Fillé » affermé pour trois années à Monsieur Hatton, fermier-passeur, prend fin le 31 décembre 1892, et qu’il y a lieu de procéder à son renouvellement. Il suggère au Conseil général de la Sarthe à la séance ordinaire du lundi 22 août 1892, présidé par Monsieur Le Monnier, doyen d‘âge, sénateur - maire de Château-du-Loir, en présence de Monsieur Ch. Lutaud, préfet de la Sarthe.
























Cette vue donne une idée, de la distance entre la rive gauche - Guécélard, et le rive droite Fillé. Lorsque la rivière est encours normale, ce la ressemblait à une simple promenade, lorsque elle était en pleines  et grosses eaux, le trajet présentait un réel danger - Document collection privée.


Lors de la séance ordinaire à l’Hôtel de la Préfecture du Conseil Général de la Sarthe le 10 avril 1899, Monsieur Legludic, docteur en médecine, Conseiller Général du canton de Sablé-sur-Sarthe émet le vœu de la construction d’un pont sur la Sarthe à Solesmes.

En août 1899, le Conseil Général de la Sarthe, prend note que le pont de Roëzé est mis en service. Monsieur de Marthes, Préfet de la Sarthe, à la session d’août 1898 du Conseil Général de la Sarthe, dans son rapport page 324 - chapitre II de la IIIème partie informe :
- « ……..Le pont de Fillé devait recevoir le chemin de fer seul. Il a été établi  pour recevoir une 
«  chaussée à double voie charretière. Non seulement il rend de grands services aux communes de
«   Fillé et de Guécélard, mais il a été à l’origine des ponts routiers à double voie pour les chemins  
«  vicinaux ordinaires. Si les populations riveraines des fleuves échappent désormais à la sujétion des
«   grands ponts à voie unique, c’est à l’exemple décisif du pont de Fillé qu ‘ils devront ce bienfait.
«  Il faut rattacher à ce pont les travaux considérables de terrassement qui ont achevé le chemin de
« Fillé à Guécélard, et supprimé le gué du Rhonne par la construction d’un ouvrage assez important 
«  dont le service de la construction a fait tous les frais ».

À la session du Conseil Général de la Sarthe du 21 août 1902, le Conseil Général de la Sarthe donne son accord pour le passage de la ligne des tramways de la Sarthe - ligne Foulletourte à Sablé, la largeur passe de 4,50 m. à 5,10 m., l’élévation de la dépense de 110.000 fr. à 114.500 fr. Monsieur d’Aubigny, le 23 avril 1903 de porter l’emprunt octroyé pour la construction du pont, de 228.000 fr. à 232.500 fr.

En annexe du chapitre II, page 348, nous trouvons :

- Pont de Fillé et abords,



















































Succession de quatre plans, ayant servi d'épures, à l'expropriation des terrains, pour l'implantation du pont de Fillé-Guécélard, l'élaboration des voies d'accès, la construction des bases en maçonnerie - Documents collection privée.




Le 28 février 1936, la commune de Solesmes prend définitivement l’appellation de «  Solesmes-l’Abbaye », et le 19 juin 1936, la commune de Roëzé, prend le nom officiel de «  Roëzé-sur-Sarthe. À la page 385, chapitre II de la troisième partie du rapport du Conseil d’Arrondissement ;e 14 mai 1897, la travaux du grand pont en maçonnerie de Roëzé-su-Sarthe étaient en pleine activité en août 1897.


Construit sur la Sarthe, pour recevoir la ligne Le Mans à Mayet, et en outre une double voie charretière. Le tablier est soutenu par deux grands arcs métalliques ayant 56,33 mètres de portée, entre les rotules des retombées et 5 m. de flèche seulement. Le tablier à 8 mètres de largeur entre garde-corps. La longueur totale de l’ouvrage est de 70 mètres. La superficie totale du tablier est de 560 m2, et la surface de la partie suspendue est de 464 m2.


























Plan de masse des travaux de maçonnerie, indispensables pour soutenir le tablier aux deux extrémités sur les deux rives - Document collection privée.























Autre vue, permettant de se faire une idée de la distance entre les deux berges . De la portée du pont sur une seule arche - Document collection privée - Document collection privée.


Ces dispositions sont originales et ont été imaginées pour le pont de Fillé.
La dépense totale s’établit comme suit :

- fondations en béton de ciment, y compris batardeaux et épuisements….......................... 16.850 fr.
- maçonnerie en élévation…………………………………………………......................  4.223 fr.
- fers ( payés 39 fr. les 100 kilos)………………………………………………...........   35.982 fr.
- plancher en briques, pavage en asphalte comprimé, divers…………………..................   5.145 fr.

                                                                   Total……………………............................  62.200 fr.


























Plan  de l’aqueduc de Villette, dénommé « pont voûté » de 3 m., pour soutenir la voie ferré, avant le «  Carrefour de Bel-Air » - Document collection privée.




























De nos jours , le carrefour de «  Bel-Air », peu après l’aqueduc de «  Villette » La ligne rigoureusement rectiligne bitumée que nous remarquons sur cette photo, qui relie Génelard à Fillé après deux courbes, est en réalité l’ancienne levée de la ligne Le Mans - Mayet / La Flèche des tramways de la Sarthe construite en 1895 / 97 - Documents collection privée.


 De nos jours tablier du pont de Fillé / Guécélard, et vue d’ensemble sur la rive Guécélardaise.


























Documents collection privée.




Les arcs se composent de deux volées, avec articulations aux naissances et à la clef. Chaque volée se compose d’un triangle mixtiligne dont la forme favorise la répartition du métal dans les sections proportionnellement aux efforts maxima maximorum.


 Plan en perspective du pont, et cotes y afférentes - Document collection privée.

























Plan et les nombreuses modifications acceptées, avant le titrage des plans de chantiers - Document collection privée.
























Document collection privée.


Il faut rattacher au pont de Fillé les dépenses accessoires suivantes motivées par la mise en état du chemin vicinal n°5 reliant Fillé à Guécélard,

- terrassements affectés au chemin vicinal dans la vallée de la Sarthe,
6.200 m3.……………………………………………….................................................   6.026 fr.
- élargissement du pont de Villette…………………………………………………..........   2.100 fr.
- élargissement du pont des Martrais…………………………………………………......      940 fr.
- élargissement du remblai dans la vallée du Rhonne, 4.200 m3…………….......................   4.082 fr.
- implantation du pont sur le Rhonne…………………………………………………......    1.280 fr.
- pont sur le Rhonne………………………………………………….............................
2.390 fr.
                                                                   Total……………………................................16.818 fr.


Le total des dépenses entre Fillé et Guécélard d s’élèvent à 79.018 fr.






















Contre jour , le pont et le « Petit train à vapeur » - Document photo collection privée.




Pont sur le Rhonne, remplaçant le «  Vieux gué
», au Vieux Bourg…..




























Plan de masse de la maçonnerie indispensable pour la pose du pont sur le Rhonne, au «  Vieux bourg de Guécélard»


























Plan de la perspective du pont sur le Rhonne au Vieux Bourg de Guécélard, avec cotes, et finitions - Document collection privée.


Il faut savoir que le pont d’Allonnes est analogue à celui de Fillé, ainsi que le pont Louis-Blanc qui ne diffère des deux précédents que par ses dimensions.

Lors de la réception de l’ouvrage sur la Sarthe Messieurs Thomas, docteur en médecine, maire de Louplande, Conseiller Général du canton de La Suze et Bouttié, ébéniste au Mans, Conseiller Général du 2ème canton du Mans, ont fait remarquer le 22 août 1898, que pour éviter de graves accidents, il était indispensable de poser des rembardes , des « gardes-corps » sur le pont de Fillé et ceux de Villette et du Rhonne.

Dans son n°41 du 9 octobre 1897, le Journal des Transports «  Revue Internationale des Chemins de fer et de la Navigation », page 517, nous lisons :

« Ouverture de lignes.
«  Chemins de fer de la Sarthe - Par un arrêté en date du 11 septembre 1897, le préfet de la Sarthe a
« autorisé l’ouverture à l’exploitation « provisoire des chemins de fer d’intérêt local du Mans à  
«  Foulletourte à  Mayet.
«  La longueur totale de ces deux lignes est de 48,600 km.
« Indépendamment  des gares terminus du Mans et de Mayet, elles comprennent les stations 
« d’Allonnes, Spay, Fillé, Guécélard, Parigné-le-Polin, Cérans-Foulletourte, Oizé, Yvré-le-Polin, 
« Requeil, Mansigné, et « Pontvallain, ainsi que leq arrêts de l’Épine, Saint-Georges, les Brosses, les 
« Fourneaux, la Cave, Marolles et Les Lustières.

Le lundi  21 août 1899, Monsieur de Marthes, Préfet de la Sarthe informe page 359 de son rapport l‘assemblée du Conseil Général de la Sarthe réunie en session ordinaire , que le grand pont en pierre de Roëzé sur la Sarthe est terminé,  ouvre de nouveaux débouchés et modifie avantageusement les courants locaux de la circulation.


























La rive droite et le bourg de Fillé, vus de la rive guécélardaise, de l’embarcadère de Bel-Air - Document collection privée.


Le lieu-dit de Bel-Air, sa signification est dans son nom,


Bel-Air, nom attesté en 1248. Cité dans de nombreux documents, et plus particulièrement dans les Cartulaires de Saint-Victeur, Marmoutier et Saint-Mesmin. Orthographié : Belair, Bellair, Beler…..Dans le cas présent , il apparaît que Bel soit l’abréviation de Belenos - Belinus.

Incontestablement ce lieu est marqué, d’une empreinte étymologique qui nous conduit au qualificatif :

Bel. Il semble être un dérivé de Belenos ou Belinus - dieu gaulois signifiant : le tout puissant, l’éblouissant, l’éclatant, le rayonnant, le lumineux,  assimilé à Apollon ….au Soleil - l‘astre suprême…..au Dieu des Dieux. Dans notre proche région, de nombreux indices, vestiges, découvertes archéologiques validés, témoignent de l’importance que ce culte a eu.

Air, par principe désigne un espace dégagé, très ouvert. Il s’est orthographié : , haire, eire, heire, eyre…….

Cette thèse semble affirmé par un plan simpliste joint à un acte de 1337, du Fond ancien de Vaux. Ce croquis précise le croisement de trois chemins, c’est-à-dire le «  chemin Mansais » et un troisième voies en direction de Moncé, et les «  …boys marmentueux de Buff… ».

Ce carrefour apparaît dégagé, il est agrémenté d’un  Soleil rayonnant vers l’est, le sur de l’ouest. Dans plusieurs Annuaires et Almanachs Sarthois du XVIIIème et du XIXème siècles, et  dans des chroniques locales ont trouve commenté les célèbres «  feux de la Saint-Jean ».

Il faut se rappeler, que les feux de la Saint-Jean, ne sont en fait que la christianisation des «  feux dédiés à Belenos », que les gaulois allumaient un peu partout dans un endroit très dégagé, exempt de végétation, souvent sur une surélévation, pour célébrer le solstice d’été - Holder . I . 370 et 385.

De la même source, nous avons appris que lorsque les feux s’éteignaient, les partisans avant de se disperser récoltaient au moins deux des tisons éteints. Puis nantis ils regagnaient chacun dans des directions opposées leurs différentes  habitations, après avoir trempé les tisons dan l’eau de la rivière toute proche .

Le tout premier geste du chef de famille, en rentrant au logis familial, était de  placer l’un des tisons au centre du rebord de la grande cheminée  qui ornait l’un des côtés de la grande pièce commune, souvent derrière le crucifix qui trônait en son centre et qui veillait sur le sommeil des gens qui dormaient. L’autre était placé au-dessus de l’entrée à l’intérieur de l’étable. Le but invoqué, était la protection des biens, des personnes et des animaux contre le feux du ciel.

Croyances,….superstitions…..traditions……coutumes ancestrales ?

Réminiscence des nos origines gauloises ?

Nous avons cherché, et  un « nota bene », au bas d’un texte a retenu tout particulièrement notre attention. Ce document décrit et commente abondamment le processus de ces feux, et nous éclaire sur cette pratique qui semble apparaître dans le très haut Moyen Âge - Schulze, 430, 477- Ann. Norm. VI, 134.

Depuis, le Moyen Âge, ces «  feux », marquent la fin des fenaisons - la récolte des foins.



la récolte du foin......une opération très importante pour le paysan. 



La fauche, le matin après la rosée, mais avant la chaleur....!
























une opération délicate, le retournement des endains à la fourche, le lendemain de la fauche......

























Charger la « charte », et faire vite pour qu'il ne mouille surtout pas, mais sans précipitation. Rentrer et tasser le foins bien sec, et bien odorant sous la toiture d'ardoises ou de tuiles du Maine, dans le fenil au-dessus de l'écurie et des étables - Documents collection privée.



Bac et……droit de pontenage…!


Pour suppléer au manque de ponts, de nombreux passages sur la Sarthe entre Le Mans et Sablé furent très tôt, dès le Moyen Âge pourvues de bacs. Ces bacs, nécessaires aux activités locales, devinrent un apanage seigneurial.

Cette activité sous la tutelle féodale, fut assortie d’un péage découlant du droit de pontage ou de pontenage.

Souvent, comme entre Buffe / Bel-Air et Fillé, il existaient plusieurs types d’embarcations / bacs  l’un exclusivement réservé pour les gens à pied, et un animal ( le plus souvent un âne ou un cheval pour un cavalier), un autre pour plusieurs animaux, et quelquefois un troisième destiné à un véhicule hippomobile important.

L’âne ou le cheval payait le même tarif si il portait ou pas une charge, le péage pour un véhicule charrette ou tombereau attelé de bœufs ou de chevaux étaient identiques.























Le droit d’exploiter un bac entre Bel-Air et Fillé, la rive droite et la rive gauche, à l’aplomb du bourg de Fillé semble très ancien. Un Historien Sarthois parle du XIème siècle, il semblerait qu’à la fin du XIIème siècle, le « bac de Fillé » se trouvait sous la tutelle du seigneur de La Suze.


























Photo aérienne : sur la gauche on distingue les eaux sombres de la Sarthe,  l’embarcadère du bac, et le chemin d’accès sous une double haie de végétaux - Merci, Monsieur Phillippe Aizier _ Document collection privée.


Les conditions de la navigation sur la Sarthe sont bien connues, ayant fait l’objet de nombreuses études importantes qui restent autant de références. Il est cependant un point qui retient l’attention, car il a valeur d’exemple significatif et apparaît comme riche d’enseignements sur cette question. Il met en évidence les rapports, plutôt mauvais, entre les bénéficiaires des péages et les usagers de la rivière. Il témoigne si besoin est, des relations qui s’instaurèrent par la force des choses, entre le pouvoir féodal détenu par le seigneur du lieu, et le pouvoir économique incarné par les associations de marchands. Dans notre région il concerne les péages imposés par le seigneur de La Suze.

























Carte de la situation de Fillé, et de Guécélard, la rivière Sarthe, et la grande route - Document collection privée.


Cette situation a été renforcée, par l’affaiblissement temporaire de l’autorité royale au XVème siècle, consécutive à la guerre de Cent ans, et de toutes les circonstances pénibles qui en découlèrent.

Le seigneur de La Suze, propriétaire terrien, dans sa toute puissance, abrité dans sa  massive et sombre forteresse, concentrait sur lui les regards du voyageur qui circulaient tant sur le «  grand » chemin du Mans - La Flèche - Angers, que sur celui du Mans - Sablé - Laval ; aussi bien du marinier, qui se déplaçait au fil du courant dans son bateau chargé sur la Sarthe.

En effet, les exigences du seigneur de La Suze étaient devenues exorbitantes à cette époque.

C’est dans un acte du  Cartulaire de Saint-Serge, que nous apprenons que lors du mariage de Guillaume des Roches avec Marguerite de Sablé, fille de Raoul IV de Sablé et de Clémence de Mayenne, fin juillet 1190, que par sa dot il recevait les seigneuries et terres de Sablé, Louplande et La Suze au Maine, plus Précigné, Briolé et Brion en Anjou. Nous apprenons que Robert IV, pour le salut de son âme et celle de sa femme, de ses père et mère, puis sa fille Marguerite avaient exonérés les moines de Parigné et ceux de La Coulture de tout tonlieu, droit de passage et droit de pontage sur la Sarthe entre Le Mans et Sablé.

Nous savons par Dom Housseau t. 7, que Hersende de La Suze, fille de d’Herbert ou Hubert de La Suze né vers 1050, et d’Erembourg, avait épousé avant 1120, Robert II Vestrob de Sablé, né vers 1090. Suite a sa dissidence contre Geoffroy V d‘Anjou, comte d‘Anjou et du Maine, dit le Bel, dit Plantagenêt,  celui-ci s’empara de La Suze et de toutes ses prérogatives, et les garda jusqu’en 1130.


Déjà à cette époque : demande de dérogation à l'Intendant de Tours,  de la taxe sur le sel, qu'un chargement doit payer entre Malicorne et Le Mans - Document collection privée.


Cette situation a été renforcée, par l’affaiblissement temporaire de l’autorité royale au XVème siècle, consécutive à la guerre de Cent ans, et de toutes les circonstances pénibles qui en découlèrent.

Le seigneur de La Suze, propriétaire terrien, dans sa toute puissance, abrité dans sa  massive et sombre forteresse, concentrait sur lui les regards du voyageur qui circulaient tant sur le «  grand » chemin du Mans - La Flèche - Angers, que sur celui du Mans - Sablé - Laval ; aussi bien du marinier, qui se déplaçait au fil du courant dans son bateau chargé sur la Sarthe.

C’est vraisemblablement pour cette raison, que l’on trouve dans des actes et des textes anciens, des « droits de pontenage », concernant les bacs de La Beunêche, et de Fillé / Bel-Air, la navigation entre Le Mans et Malicorne /Sablé aux Archives départementales du Maine-et-Loire et de la Loire-Atlantique.

Au Archives départementales de la Sarthe, un texte nous apprend qu’en 1489, le seigneur de La Suze avait déposé une plainte auprès du lieutenant-général du Mans contre l’exploitant du bac dont il est question . Le rapport de l’enquête avec un croquis font état d’un chemin désigné de « ….très vieille charrière », assortie « ……d’antique tolérance de passage…. » : qu’on peut assimiler à véritable droit ! Le seigneur de La Suze s’est vu confirmer l’exclusivité des droits de passage et pontage sur l’étendue de sa seigneurie.

Gros plan de l'entête d'un acte d'un feuillet d'un  « cahier paroissial daté juin 1479 » - Document collection privée. 


Dès le XIème siècle la châtellenie de Château-du-Loir s’est étendue, et a été limitée au nord, par la rive gauche de la petite rivière du Rhonne, la rive droite délimitant et la séparant de celle de Sablé. Le seigneur de La Suze, vassal de fait et en titre de Sablé, avait dans un esprit pratique fait acte de vassalité, en rendant foi et hommages au seigneur de Sablé. Ce qui semble avoir évité toute forme de conflit.

Un crédit de 250 fr. a été inscrit au budget de 1880, pour l’entretien dudit passage.

Monsieur A. Dumonteil, Préfet de la Sarthe, dans son rapport  pour l’année 1882, reconnaît que pour le passage d’eau de Guécélard à Fillé, la situation est identique à celle de l’année précédente, la réadjudication a été faite au prix de 205 fr. - liasses de 895 pièces ( documents, comptes rendus, rapports, procès verbaux ).

Un haut fond de la rivière Sarthe permettait de franchir ce grand cours d’eau de Bel-Air, rive gauche,  commune de Guécélard, au bourg de Fillé, rive droite, à un cavalier. 



Documents collection privée.


Un passage d’eau……nécessite par évidence un bac.


Le Conseil Général  de la Sarthe dans sa session du 25 août 1881, a résilié le bail de passage de Fillé-Guécélard. Pour obtenir cette résiliation le fermier se basait sur la perte que lui fait subir, pour la première localité, l’érection de Guécélard en commune distincte. L’ancien fermier assure le service jusqu’à sa réadjudication.

Le cheval monté n’ayant en niveau normal de la rivière Sarthe, de l’eau que jusqu’au étriers..

Rampe d’accès au bac dans le bourg  de Fillé, dénommée «  embarcadère ou atterrissage du bac » - Sur la droite de la photo, on distingue le bac qui arrive - Document collection privée.


Un inventaire après décès, précise que le franchissement de la rivière la Sarthe était assujetti, à un droit, dénommée «  la glane », que le bac était guidé à la perche, et animé par traction des bras du passeur sur un câble goudronné , tendu d’une rive à l’autre.

En 1794, le montant du fermage était de 130 livres,
En 1768, il s’élevait à 100 livres,
En 1760, de 90 livres,
En 1759, de 65 livres, ( 45 ? )
En 1748, de 80 livres,
En 1744, de 55 livres, ( 45 ? )
En 1739, de 41 livres, ( 44 ? )
En 1692, de 32 livres, ( 25 ? )
En 1686, de 25 livres.

Quelques noms de passeurs-fermiers, conducteurs du bac, reliant la rive droite de la Sarthe, c’est-à-dire le bourg de Fillé, à la rive gauche, la cale de Bel-Air, paroisse de Guécélard,, comme le précise, des procès verbaux de sessions du Conseil Général de la Sarthe, et des actes et documents aux Archives départementales de la Sarthe,

Dans le Registre de l’État Civil de 1873-1882, de la commune de Fillé-Guécélard, nous lisons,

- « l’an mille huit cent soixante treize, ce dix-neuf janvier, par devant  Charles Carteret, maire et 
« officier d’état-civil en la commune de Fillé-Guécélard, arrondissement du Mans, département de la 
« Sarthe, étant en la maison commune, est comparu Granval Charles, âgé de vingt neuf ans, 
« journalier, domicilié aux Géleries………….a déclaré qu’hier à 10 heures du soir, Marie
« Fournigault, âgée de trente cinq ans, sa femme, avec lui domiciliée est accouchée à son domicile 
« d’un enfant de sexe « masculin……………….. 

- en 1794 : René Vigneron et Marguerite Fournigault, sa femme,

Plan du bateau passe-cheval à construire au passage d’eau de Fillé, 26 juillet 1816 - Document collection privée.


Les Archives Diocésaines nous apprennent que le 9 novembre 1784, Michel Peslier, paroissien de Fillé, a épousé Marie Darage, paroissienne de Guécélard, que la bénédiction nuptiale a eu lieu en l’église et par le curé de Guécélard, que la traversée de la Sarthe s’est bien  déroulée, malgré un fort courant, de la même source le 3 février 1784, René Guibrunet, paroissien de Fillé, a épousé Marie Gourdon, paroissienne, et née à Guécélard, au Grand Bourg, que les mariés et les invités on traversé la Sarthe, en deux fois.

Selon le Registre paroissial de Fillé-Guécélard, le bac a été utilisé au mois de mars 1793, an second de la République Française, pour des déclarations d’état civil  par des guécélardais pour trois naissances et de deux décès. C’est Jacques-Vincent Arnoult, Officier public ( maire ), qui a procédé à l’enregistrement dans la Salle publique de la Maison  commune de Fillé.

- en 1768 : René Vigneron, pontonnier, et sa femme Fournigault Marguerite, paroissienne de Fillé,

- en 1760 : René Vigneron, garçon tisserand et paroissien de Cérans,

- en 1759 : Jean Letourmy, garçon meunier de Foulletourte, et Fougerard Marie, paroissienne de Fillé,

- en 1748 : Joseph Perrière, marchand, et Marie Chaussumier, sa femme, paroissiens de Fillé,

- en 1744 : Joseph Perrière, marchand, et Marie Chaussumier, sa femme, paroissiens de Fillé,


Tarif applicable aux différents bacs et bateaux en service sur la rivière Sarthe, en vigueur en 1790
Daté du 8 Prairial an XI - Document collection privée.


- en 1739 : Joseph Perrière, marchand, paroissien de Fillé, et Marie Chaussumie, paroissienne de Spay,

- en 1692 : René Chemin, tisserand, paroissien de Fillé,

- en 1686 : René, Chemin, paroissien de Fillé, dans le registre paroissial de Fillé, en 1685, il est cité comme cocher du seigneur du Groschesnay,

- en 1684 : Nicolas Loriot, paroissien de Fillé,

- en 1667


Présentation de quelques pièces du volumineux dossier du «  Passage d’eau de Fillé-Bel Air », qui ont été la base de ce texte,




Pièce n°4


Pièce n°6


Pièce n° 7

Pièce n°11



Pièce n° 15


Plainte du fermier-exploitant le «  bac de Fillé-Guécélard », contre son collègue du «  bac de La Beunêche », pour concurrence déloyale, datée du 22 août 1818.

Pièce n° 18



Pièce n°21


Pièce n°25



Pièce n°31



 Pièce n° 33


Feuille de compte des droits perçus sur le pontage et le franchissement par bacs et des bateaux en 1378 - Document personnel 
Pièce n°42


Moulin de Fillé en marche, photographié de la rive Guécélardaise - Document collection privée.



Inventaire du moulin, après le décès du meunier - Document collection privée.


Le « Pont de Fillé », ou plus exactement, le « Pont de Fillé-Guécélard », puis que la limite séparative entre la commune de Fillé et celle de Guécélard, a été fixé dans l’annexe 2928, lors de la séance de l’Assemblée Nationale du 10 juillet 1880.


Document collection privée.

Document collection privée.


La construction du pont de Fillé-Guécélard a été nécessité pour permettre au Tramways de la Sarthe de la ligne Le Mans-Mayet, et à celui de Le Mans- La Flèche, de franchir la rivière Sarthe.




quelques vues de souvenirs révolus……..


Sous le regard indiffèrent de l'une des deux « biquettes » aux piquets, le petit trains négocie la courbe de « Villette », avant de foncer sur la ligne droite des « Galopières ». C'était dans les années 1930. Document collection privée.

* - le Journal des Transports, dans son n° 41 le 9 octobre 1897, informe la population dans sa page 517, que le 11 sptelmbre, le Préfet de la Sarthe a autorisé l'ouverture à l'exploitation provisoire des chemins de fer d'intérêt local du Mans à Foulletourte et de Foulletourte à Mayet ; soit une longueur totale de ces deux lignes de 45 km. 660. Indépendamment des gares terminus du Mans et de Mayet, elles comprennent les stations d'Allonnes, Spay, Fillé, Guécélard, Parigné-le-Polin, Cérans-Foulletourte, Oizé, Yvré-le-Polin, Requeuil, Mansigné, Pontvallain, ainsi que des arrêts de l'Epine, Saint-Georges, les Brosses, les Fourneaux, la Cave, Marolles et les Lustières.

après le franchissement du pont......la ligne droite des « Galopières ».......deux virages en « S »......c'est la Station-gare de Guécélard.....


La oie ferrée étroite, la grande route à Guécélard - Documents collection privée.


Le 24 avril 2016 - A.G.



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